À Port-Louis, le port ne se contente plus de gérer le présent, il se projette dans la compétition mondiale. Le gouvernement mauricien enclenche une transformation d’ampleur, avec une volonté affirmée de monter en puissance : repositionner le pays comme un hub maritime incontournable dans l’océan Indien.
Le plan est massif. Plus de 56 milliards de roupies mobilisées, soit un peu plus d’un milliard d’euros, pour repenser en profondeur les infrastructures portuaires à horizon 2050. Validée dès mars 2025 par la Mauritius Ports Authority, la stratégie repose sur un levier clé : l’ouverture du capital à des partenaires internationaux capables d’apporter expertise, volume et effet d’accélération.
Trois chantiers ont été identifiés. D’abord, l’extension du terminal à conteneurs existant, véritable colonne vertébrale du port, avec un démarrage prévu avant fin 2027. Ensuite, le renforcement des capacités du quai de croisière pour accueillir des navires de plus grande taille, un segment en forte croissance. Enfin, le développement de nouvelles infrastructures sur 55 hectares, signe que Port-Louis ne pense plus en optimisation, mais en expansion.
Pour piloter cette mutation, un comité interministériel a été mis en place sous la houlette de Paul Bérenger. Sa recommandation est d’ouvrir jusqu’à 40 % du capital de la Cargo Handling Corporation à des géants du transport maritime comme Maersk et Mediterranean Shipping Company. Un choix qui vise à connecter davantage le port mauricien aux grandes routes commerciales internationales.
Dans le détail, le projet phare inclut la construction d’un brise-lames, un bassin en eau profonde de 18 mètres, un terminal à conteneurs de 50 hectares et un quai de 1,2 km. L’investissement, estimé à près de 860 millions d’euros, s’étalera sur six à huit ans. Une infrastructure calibrée pour changer d’échelle.
En parallèle, le secteur privé est également mis à contribution. Deux projets de jetées verront le jour à Fort George et Fort William, avec notamment des installations dédiées au stockage pétrolier. Une manière pour les autorités de diversifier les usages du port tout en partageant l’effort d’investissement.
Au fond, Maurice joue une carte de l’ouverture et de la montée en puissance. Vu l’environnement concurrentiel dans la region, le port de Port-Louis ne veut plus suivre, il veut capter les flux. Et les premiers signes de transformation devraient être visibles dès l’année prochaine.




